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Pauvre Miss Maggie… Il faudra donc que tout ce qui ne marche pas en Grande-Bretagne finisse par être de sa faute. Et même le phénomène du « porno immobilier ». Explication et développement dans le monde diplomatique de décembre.
Bien de consommation ou d’investissement?
Au commencement était le toit. Dans ces antiquités, un logement était un moyen de se protéger du froid et des intempéries, un cadre de vie plus ou moins adapté à sa vie, en résumé un bien de consommation, indispensable qui plus est. Et insensiblement, à partir des années 80, en Grande-Bretagne, le logement s’est transformé en bien d’investissement pour acheteur décomplexé engagé dans une course infernale au profit maximum. Pour finalement s’écrouler avec pertes et fracas lors de cette cruelle année 2008. Comme en France, quoi, mais avec une une intensité sans commune mesure. De l’époque tchathérienne à nos jours, le taux de propriétaires était passé de moins de 60% à plus de 70%. Il faut dire que les ventes massives de HLM a contribué à influencer les chiffres.
Le « porno immobilier »
Et le « porno immobilier » là-dedans? Rien qu’un épiphénomène, la partie visible d’un phénomène plus profond. Ce sont les émissions de télé-réalité qui ont fleuri pendant cette période, avec des titres évocateurs comme « acheter ou ne pas acheter », « chef décorateur », « la maison des voisins », « monter en gamme », « investir à l’étranger »… Plus de 20 émissions différentes sur un thème immobilier étaient proposées à un moment donné sur les ondes britanniques. Ca donne le tournis. Mais la spéculation battait son plein, la valeur des maisons augmentait de 20% par an, tous et toutes promettaient que ça durerait toujours. Le boom des prix à la locations n’a pas tardé, le nec plus ultra étant de louer sa résidence pour, avec le montant des loyers encaissés, en hausse perpétuelle au même taux, contracter le prêt qui permettrait d’acheter le deuxième.
Rien de pronographique là-dedans? Pourquoi alors cette expression inventée par Rosie Millard, journaliste de la BBC, ex-spécialiste des Beaux Arts reconvertie dans l’immobilier ? C’est Adam Sampson, chercheur sur la pornographie qui fait le rapprochement : « La pornographie transforme des émotions et des comportements considérés comme inacceptables en pratiques normales. Le porno immobilier n’a pas inventé l’idée qu’on peut s’enrichir en spéculant sur l’immobilier. Mais il a légitimé ce comportement ». Comme le porno n’a pas inventé la bête à deux dos et le voyeurisme, mais l’a développé. En tous cas c’est désormais la débandade. Le marché immobilier s’est immobilisé, les conséquences en sont ressenties jusqu’aux régions élues par les britanniques pour leurs judicieux investissement : la partie Ouest de la France comme fer de lance mais aussi la ville de Cracovie, en Pologne, par exemple. Et le petit écran a logiquement rangé les émissions de « porno immobilier » dans les caves empoussiérées des chaînes. A venir pour la saison 2009/2010 : « payer ses mensualités quand on a perdu son boulot? » et « vendre un appart’ dont plus personne ne veut ? »
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