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– Putana dé putana ! fit Adriano en entrant dans la pièce. Il est bien mort et on va en avoir pour des heures à nettoyer tout le sang. Y'en a plein la cabine. Ils ne l'ont pas raté, ils lui ont fait une boutonnière d'une oreille à l'autre. Une chose est certaine, c'est pas un de nos locataires. Ils auraient pu aller faire ça ailleurs que dans mon ascenseur. C'est pas la place qui manque à Montréal. On n'a pas fini d'avoir la police sur le dos. En tous cas, c'est pas un travail d'italiens. Nous, les cadavres ils ne pourrissent pas les ascenseurs.
– Non ! vous les balancez dans le fleuve, ne put s'empêcher d'ajouter Monique.
– Peut-être, mais là ils ne dérangent personne et ils nourrissent les poissons. Alors, cette grappa, vous la trouvez comment, madame Richard ?
– Ça irait mieux si vous aviez un extincteur pour éteindre le feu qui a pris entre ma bouche et mon estomac.
– En tous cas, ça vous a redonné des couleurs. Bon ! Thérèse, tu téléphones à la police pendant que j'accompagne madame Richard chez elle. Heureusement qu'il y a deux cabines, sinon il nous faudrait monter les six étages à pied. Et pendant que j'y pense, attendez-vous à voir la police arriver chez vous. Ils vont vouloir que vous leur racontiez…
– Ça sera vite fait. La porte c'est ouverte et je me suis évanouie. Mais maintenant je me sens en forme, inutile de m'accompagner.
– Vous plaisantez. Thérèse, tu as vu quelqu'un, que tu ne connaissais pas, entrer et sortir ?
– Non ! mais… pendant que j'y pense, le mort, là, si c'est pas un locataire, comment il est entré ?
– Il est pas passé par le parking, j'étais en train de repeindre la barrière, je pouvais pas le manquer. Je pense que, quand la police va le fouiller, ils vont trouver une carte d'entrée dans ses poches et on saura chez qui il allait. Celui qui a fait ça, je vais lui souffler dans les bronches, moi. Pas question qu'on entre dans notre immeuble comme dans un moulin !
– S'il a été assassiné par celui qui lui a prêté sa carte d'accès, je doute fort qu'il lui ait laissé le carton dans la poche.
– C'est vrai ce que vous dites madame Richard. Raison de plus pour que je vous accompagne jusque chez vous car ça veut dire qu'il y a, peut-être, un assassin dans l'immeuble.
– Adriano, t'es complètement fada. Si tu fais courir ce bruit, plus personne va vouloir habiter ici.
– La police va se charger de le faire courir le bruit, crois-moi. Si ça va mieux, madame Richard, on y va. J'en profiterai pour monter au dixième. Madame Bastien a un robinet qui fuit.
– Ah ! celle-là. Je trouve qu'il fuit bien souvent, son robinet. T'as pas intérêt à traîner ou c'est moi qui vais aller lui boucher la fuite et c'est pas dans le tuyau que je vais lui mettre le bouchon.
– T'excites pas ma Thérèse, c'est pas mon genre et puis… elle est mariée.
– Pas ton genre… mariée… mon œil ! Toi, du moment qu'y a un trou à boucher.
– Bon, je crois que je vais y aller, moi.
– Pas question que je vous laisse aller seule, madame Richard. Pas après ce qui vient d'arriver.
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Publié il y a 5 semaines 1 jour –
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