Le propre des périodes de crise, c’est qu’elles permettent des remises en causes audacieuses de ce qui paraissait acquis. Ainsi celui qui a un peu de mémoire savoure la volupté de voir les thuriféraires du marché libre d’il y a un an se métamorphoser en ardents défenseurs d’une nouvelle régulation. Si, ainsi qu’on l’attribue à Jacques Attali, “l’économiste est celui qui est toujours capable d’expliquer magistralement le lendemain pourquoi il s’est trompé la veille” alors disons qu’il y a de plus en plus d’économistes et de plus en plus talentueux.
Ainsi, l’équation “les prix de l’immobilier montent = bon, les prix de l’immobilier baissent = mauvais” paraissait-elle encore intangible il y a un an. Et bien oui, des prix qui montent c’est un marché dynamique, une demande qui suscite l’offre, des patrimoines qui augmentent en dormant, bref le parfait bonheur pour l’investisseur immobilier. Mais dans un article du Monde du 11 avril intitulé “quand la crise immobilière devient populaire”, Isabelle Rey-Lefebvre détricote patiemment et talentueusement ces évidences d’hier.
D’abord, selon elle, cet enrichissement est surtout virtuel (...)
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